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Le point sur... Le regard de Louis Espinassous, conteur et éducateur à l’environnement

> Le conte, une tradition orale venue de la nuit des temps
Le mot conte évoque pour moi le conte populaire de tradition orale. C’est un univers de récits répondant à des codes et des structures très précises, qui ont traversé les temps presque inchangés, et l’espace en s’adaptant aux cultures.

> C’est l’une des 3 formes d’oralité que l’animateur a à sa disposition. Il y a :
le « dire » (réciter par cœur ; lire à haute voix ; chanter) : on retransmet par la voix des textes écrits et fixés dans une forme littéraire. C’est une oralité fabuleuse et trop peu utilisée par les animateurs.
l’explication : on donne des explications sur des phénomènes historiques, biologiques…
le « conter » ou « raconter » : on raconte une histoire : ces histoires peuvent être basées sur du réel comme les mythes (qui sont la cosmogonie d’une culture), les légendes (histoires d’une personne, d’un lieu, où intervient du surnaturel), les histoires de vie, les anecdotes (car il ne faut pas se priver de raconter par exemple une belle découverte naturaliste)… Elles peuvent aussi être du domaine du fictif comme le conte traditionnel ou la fiction contemporaine. Il ne faut alors pas duper notre auditoire en voulant faire croire que l’histoire que l’on raconte est vraie. L’intérêt du conte ne réside pas là, il est au contraire dans la valorisation de l’imaginaire.

> Le conteur n’est pas un acteur, le conteur c’est moi
C’est moi qui raconte ce que j’ai vu ou entendu raconté, parfois ce que j’ai vécu ou vu vivre par d’autres. Au cours de l’histoire, pour illustrer un dialogue, je peux me glisser dans la peau d’un personnage mais ça reste ponctuel.

> Le conte est une parole vivante
Totalement distinct de l’écrit et de l’apprentissage de mots (sauf ponctuellement, pour les « formulettes » qui tiennent du « par cœur déclamé »), conter, c’est projeter les images d’une histoire devant ses yeux, et les dire comme on les voit, pour les faire voir aux auditeurs.

> Une porte ouverte sur les cultures...
Toutes les cultures ont généré des contes, c’est pourquoi il est important de ne pas trahir la provenance de chaque récit, qu’il soit améridien ou alsacien, en le resituant subtilement dans son contexte d’origine, par exemple à travers un détail géographique. C’est une des richesses de ce support que de pouvoir ouvrir la conscience à des cultures lointaines ou passées ou encore, locales et méconnues. En découvrant d’autres visions du monde et des choses, liées à d’autres cultures, cela permet de relativiser notre perception de l’universel.

> Une porte ouverte sur l’imaginaire
L’Homme marche dans deux sabots : l’un est la rationalité – la connaissance du monde –, l’autre l’imaginaire – l’appréhension personnelle du monde. Le travail du pédagogue consiste à les différencier tout en valorisant chacun pour ce qu’il est. Le conte est l’une des façons de faire vivre l’imaginaire, qui permet de créer un lien intime avec les objets naturels, les hommes d’autres cultures, l’environnement…

> Le conte : un outil dans la musette de l’éducateur à l’environnement
De la même façon qu’une loupe peut être un outil utile lors d’une animation nature, les contes et l’art de raconter, emportés dans la besace de l’animateur, peuvent être utilisés à tout moment au cours d’une sortie, balade, animation, en fonction de la « matière à conter » rencontrée au fil du chemin. J’aime, je tiens, à ce que, dehors, le conte soit « posé » sur du réel, objet ou site : ce chêne-là, cette coccinelle, ce lac... C’est alors qu’il permet de créer du lien, de faire amitié.

> L’essentiel, c’est le bonheur !
L’intérêt du conte est avant tout d’emmener les gens dans une belle histoire, de donner du bonheur. Si l’intention n’est pas celle-là il ne faut pas conter. Une partie essentielle (prépondérante ?) de notre action d’éducation à l’environnement doit être simplement, fondamentalement, sans aucun calcul de gain environnemental à court terme, ni d’évaluation… d’offrir du bonheur, du lien au monde, du bonheur dans le monde et avec le monde.
Publics cibles: enseignants / formateurs, animateurs
Approches: pédagogique
Auteur: Collectif
Année d'édition: 2009
Source: Fiche thématique de l'Ifrée n°32
Informations complémentaires: Pour en savoir plus sur ce thème, voir la fiche thématique n°32, à télécharger sur ce site.
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Fiches n227 écrite par Elodie Le-Thiec