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Le point sur... Le jeu et les jeux en éducation à l’environnement
> Le jeu, de quoi parle-t-on ?
Selon Gilles Brougère*, le jeu possède cinq caractéristiques principales : il y a une règle, des décisions à prendre, ça se passe au deuxième degré (on fait semblant), le résultat n’est pas connu d’avance et c’est une activité frivole (protégée du risque).
> Le jeu concerne tous les publics
Le jeu est souvent présenté comme l’apanage de l’enfance, tant il est vrai qu’il est indispensable pour grandir. Mais il existe beaucoup de jeux conçus pour les adultes et cette pratique est même en pleine croissance avec le développement de nombreuses maisons d’éditions spécialisées. Les jeux sortent également du cadre des loisirs familiaux pour investir des lieux d’apprentissage : on les retrouve dans le monde de la formation continue, des séminaires d’entreprises, comme dans l’éducation nationale (de façon marginale cependant) et dans les associations d’éducation non formelle.
>Le jeu, un support pour l’éducation
On peut utiliser le jeu pour son caractère plaisant et motivant qui facilite l’ancrage des connaissances mais aussi pour vivre une expérience “à blanc” d’une réalité, d’un thème. Si le jeu se suffit à lui-même dans un cadre de loisir où le but recherché est le plaisir partagé, il n’est pas une fin en soi lorsqu’il devient pédagogique.
> Différents types de jeux
Le réseau Ludus (cf. “Zoom sur”) propose une typologie qui identifie notamment deux catégories de jeux utilisables en éducation :
- jeux d’émulation, faits de questions fermées où il faut trouver la ou les bonne(s) réponse(s) ou être le premier à la donner (au-delà des questions de culture savante il peut s’agir de puzzle, mémory, de classement de documents par type...)
- jeux de simulation qui reproduisent des situations complexes, en les simplifiant pour les rendre “jouables” - leur réussite tient dans le subtil équilibre entre réalisme et jouabilité. Ce sont des jeux de plateau, d'histoire (ou "wargames"), de cartes, coopératifs, des jeux de rôles...
> ...à manier en respectant quelques précautions...
Ne pas assigner un objectif trop ambitieux au jeu : il ne peut reproduire la réalité dans toute sa complexité, il ne peut qu’aider à mettre en lumière quelques éléments ou questionnements. C’est pourquoi, quel que soit le rôle qu’on lui attribue - la découverte d’un thème en début de progression, l’approfondissement en cours de route ou la synthèse - il ne devient “pédagogique” que s’il est intégré dans une séance construite avec une intention pédagogique et qu’il est introduit puis exploité à postériori. L’exploitation peut prendre la forme d’une formalisation et d’une analyse des éléments découverts. C’est à ce moment que, pour un jeu de simulation, on analyse les degrés d’appauvrissement de la réalité par le jeu.
Respecter des règles de menée du jeu comme :
• Bien identifier le temps du jeu : un lancement et une clôture marquent le début et la fin de ce temps durant lequel on peut explorer librement parce que “ce n’est pas pour de vrai”.
• Énoncer les règles qui permettent de commencer à jouer de façon rapide et claire pour permettre d’entrer le plus vite possible dans le jeu. Les détails peuvent être apportés au fil de la partie. Il est contre productif d’indiquer les stratégies de jeu possibles car le but recherché est leur découverte par les joueurs.
> Un ersatz au terrain lointain, complexe ou abstrait en éducation à l’environnement...
Un des atouts pédagogiques principaux du jeu en éducation à l’environnement est de pouvoir faire comprendre “à distance” et “de l’intérieur”. Il offre donc un intérêt particulier pour aborder des problématiques difficiles à saisir sur le terrain parce trop lointaines, globales, complexes ou abstraites (le changement climatique, la solidarité internationale, les jeux de pouvoir économiques... en sont des exemples). Le jeu de simulation (plateau ou jeu de rôle) permet alors de se placer à une échelle différente en prenant de l’altitude pour aborder une situation globale au niveau de la planète ou lointaine dans le temps et rendre palpables des mécanismes invisibles.
Note :
* : professeur en sciences de l’éducation, responsable du DESS sciences du jeu à Paris 13 (cf. ouvrages en bibliographie).
L’article de synthèse est rédigé par Annie Bauer sur la base de nombreuses sources (réseau Ludus, Cahiers Pédagogiques... cf. bibliographie et sites)
Le débat est issu des réflexions sur l’utilisation du jeu (en formation continue notamment) de Raoul Girand au sein de l’Ifrée.
Publics cibles:
tous publics
Approches:
pédagogique
Auteur:
Collectif
Année d'édition:
2009
Organisme:
Ifrée
Source:
Fiche thématique de l'Ifrée n°31
Informations complémentaires:
Pour en savoir plus sur ce thème, voir la fiche thématique n°31, à télécharger sur ce site.
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Fiches n225 écrite par
Elodie Le-Thiec